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Biographie de Michel Saint-Denis
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En janvier 1953, sollicité par Jeanne Laurent, sous-directrice des Arts du Spectacle et de la Musique, à l’origine de la décentralisation théâtrale et de la création de plusieurs centres dramatiques en province, il prend la tête du Centre dramatique de l’Est (actuellement Théâtre National de Strasbourg), succédant à André Clavé, d’abord à Colmar puis à Strasbourg (en 1955) pour y ouvrir le Théâtre de la Comédie et l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique.Il fait venir de Londres ses anciens collaborateurs de l’Old Vic :Suria Magito, Jani Strasser, Barbara Goodwin, John Blatchley, et Pierre Lefèvre.

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le pays noir de j.c. marrey
L’Ecole « supérieure »,nationale, gratuite et « professionnelle » forme des gens de théâtre complets ; à la fin de leur cycle de formation, en mars 1956, les premiers groupes d’élèves, toutes sections confondues, affrontent le public, en tournant dans des conditions très rudes dans des endroits où, souvent, il n’y avait jamais eu de théâtre.Ce sont les Cadets du CDE (qui deviendront Les Tréteaux avec Hubert Gignoux). Un spectacle « composé » est au programme : « Le Mariage Forcé « de Molière suivi d’une pièce écrite pour la circonstance « Le Miroir aux Mensonges » de Jean-Claude Marrey. Puis, l’année suivante : « La Belle de Haguenau » de Jean Variot, « Le Pays noir » de Jean-Claude Marrey et « Divertissement » (chants et danses du XIXe siècle mis en scène par Suria Magito et Jani Strasser); la troisième tournée propose, sur un texte de Jean-Claude Marrey, « Neuf images de Molière ».

La troupe permanente du Centre réunit Daniel Leveugle, André Roos, Maître Ducasse, Abd El Kader Farrahd … des comédiens comme Annie Cariel, Jacques Seiler, Malka Ribovska, Delphine Seyrig, Pascale de Boysson… puis les élèves André Pomorat, Claude Petitpierre … Lors des quatre saisons qui se sont écoulées de 1953 à 1957, le répertoire a proposé « Le Songe d’une Nuit d’été », « Roméo et Juliette », « La Nuit des Rois » de Shakespeare, « Le Menteur » de Corneille, « La Jalousie du Barbouillé « « Le Misanthrope », « Les Fourberies de Scapin » de Molière, « La Surprise de l’Amour » de Marivaux, « Un Caprice » de Musset, une adaptation de « l’Alcade de Zalamea » de Calderon, « La Mouette » de Tchekov, mais aussi « Un Imbécile » de Pirandello, « Le Disciple du Diable » de George Bernard Shaw, « Saint-Just » de Jean-Claude Brisville, « Tessa » de Jean Giraudoux, « Une Femme qui avait le cœur trop petit » de Crommelynck, « Antigone » de Jean Cocteau, « La Sauvage » de Jean Anouilh, « Le Voleur d’enfants » de Jules Supervielle, « Les Justes » de Camus. Certaines mises en scènes sont réalisées par Michel Saint-Denis (Musset, Giraudoux, Crommelynck, Anouilh, Supervielle, Marrey, « Roméo et Juliette »,).

Là encore, Saint-Denis entreprend la construction d’un théâtre, dans la capitale régionale, de nouveau avec Pierre Sonrel assisté de Camille Demangeat (le premier vrai théâtre construit hors de Paris depuis la guerre de 1914) : le Théâtre Municipal de Comédie de Strasbourg qui sera inauguré en octobre 1957.

En 1957, pour des raisons de santé, Michel Saint-Denis laisse la direction du Centre à Hubert Gignoux

Un temps conseiller artistique auprès de l’administrateur de la Comédie Française, il devient Inspecteur Général des Spectacles collaborant activement à la rédaction d’un projet pour le IVe Plan sous la direction de Pierre Moinot (projet d’un « centre national de formation des animateur culturels » qui ne fut pas retenu).