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Michel Saint-Denis, Un homme de théâtre par J.-B. Gourmel | Michel Saint-Denis, Un homme de théâtre par J.-B. Gourmel |
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Licencié d’Histoire et diplômé d’Université de Médiation Culturelle à l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers, J.B. Gourmel travaille comme guide et animateur pédagogique durant plusieurs années. extrait de "Michel Saint-Denis, Un homme de théâtre (1897-1971)" mémoire de Maîtrise d’histoire contemporaine, sous la direction de Pascal Ory et Pascale Goetschel, Université de Paris I Panthéon Sorbonne, Centre d’Histoire Sociale du XXe siécle, 2005.
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Michel Saint-Denis Un Homme de Théâtre (1897-1971)
Michel Saint-Denis est un homme de théâtre méconnu. Pourtant sa carrière dans le milieu dramatique est remarquable à de nombreux titres. Neveu du célèbre réformateur du théâtre Français Jacques Copeau, le fondateur en 1913 du théâtre du Vieux-Colombier à Paris, le jeune Michel Saint-Denis fut exposé directement à la tentative de rénovation dramatique entreprise par son oncle et parrain, et embrassa naturellement la carrière théâtrale en 1919. Formé directement par Jacques Copeau pour devenir le Secrétaire Général du Vieux-Colombier, Michel Saint-Denis devint le bras droit de Copeau, comme avant lui Charles Dullin ou Louis Jouvet qu’il avait côtoyé. En 1924, Michel Saint-Denis suivait naturellement le Patron, comme l’appelaient ses fidèles, lorsque Jacques Copeau décida de fuir la capitale pour la Bourgogne, emmenant à sa suite les enfants qu’il avait formé intégralement à l’école du Vieux-Colombier. Michel Saint-Denis s’intégrait alors rapidement à la jeune troupe, dont il devint l’un des leaders naturel après avoir convaincu de son talent pour la scène comme comédien, en particulier concernant les travaux de masque et d’improvisation. Lorsque la troupe des « Copiaus » se retrouva sans guide, Michel Saint-Denis en rassembla les éléments en créant la Compagnie des Quinze, qui tenta de perpétuer et de mettre en valeur l’enseignement de Jacques Copeau sur la scène parisienne et internationale, entre 1930 et 1935. A cette date, après avoir connu l’éclatement d’un groupe artistiquement brillant et des déboires financiers, Michel Saint-Denis était invité à créer en Angleterre une école dramatique. Entre 1935 et 1939, le London Theatre Studio diffusa les préceptes cospeliens traduits par Michel Saint-Denis, et renforcé d’éléments provenant de la méthode Stanislavski. Alec Guinness, Peter Ustinov , Michael Redgrave, John Gielgud ou Laurence Olivier soutiennent et accompagnent Michel Saint-Denis sur la scène londonienne où, malgré quelques déconvenues, Michel Saint-Denis acquit une grande réputation, se révélant l’un des meilleurs adaptateurs des œuvres Russes, Tchekhov en particulier. Après la Seconde Guerre mondiale durant laquelle, sous le pseudonyme de Jacques Duchesne, Michel Saint-Denis dirigea la section française de la BBC (« Les Français parlent aux Français »), Michel Saint-Denis fonda une seconde école à l’Old Vic Theatre, l’Old Vic Theatre Centre (1947-1952), donnant la pleine mesure de ses qualités de pédagogue et s’entourant d’une équipe de premier ordre. Las, son influence fut radicalement réduite par la fermeture inique du Centre à l’été 1952. Michel Saint-Denis repassait alors la Manche, et prenait dans le cadre de la décentralisation théâtrale la direction du Centre Dramatique de l'Est (1952-1957), fondant également l’Ecole Supérieure d'Art Dramatique de Strasbourg, la seule trace de son œuvre existant encore en France aujourd’hui. Après son départ pour raisons de santé, Michel Saint-Denis devint un conseiller dramatique de stature internationale, surtout pour ce qui concerne la formation dramatique, sa vocation principale. Mais, homme de l’ombre, sa réputation semble très diffuse, quoique bien plus importante dans le théâtre anglo-saxon que dans le théâtre Français. Les raisons en sont multiples, et expliquent en partie qu’en France, aujourd’hui encore, son histoire reste encore à écrire. |
Présentation du mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine consacré à MSD par Jean-Baptiste Gourmel.