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Une journée avec Winston Churchill en 1940

ImagePréparation avec Winston Churchill de son premier "Message radiodiffusé de Londres au Peuple français", le 21 octobre 1940, pendant un raid.

 

 

Récemment publié dans Deux jours avec Churchill de Jacques Duchesne , postface de Baptiste-Marrey, éditions de l'aube (2008).

« Churchill, qui adressait régulièrement au peuple anglais, par la radio, des messages admirables de style et de courage, mêlés de cet humour extraordinaire qui est le sien, eut envie d’en adresser un au peuple français. Il écrivit un texte remarquable de francophilie (dès qu’il parle de la France, il a les larmes aux yeux) et de verve courageuse. Nous traduisîmes ce texte en français, et Jacques Duchesne s’en fut à Downing Street, où résident les Premiers Ministres britanniques, pour faire répéter Churchill, qui a, en français, un accent invraisemblable. Duchesne nous a souvent raconté, avec beaucoup de drôlerie, cette scène étonnante. »  (in  « Jean Oberlé vous parle … Souvenirs de cinq années à Londres », Paris, La Jeune Parque, 1945)

Jacques Duchesne et la BBC

Interview video de MSD à propos de Churchill 

Extraits audio de la BBC  

 


 

Extrait :

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winston churchill
Le 10 mai 1940, à la suite de la malheureuse campagne de Norvège, Neville Chamberlain démissionnait et Winston Churchill devenait premier ministre de Grande-Bretagne.
Le même jour, Hitler envahissait la Belgique et la Hollande.
Au lendemain de l'attaque allemande, nous avions quitté Avesnes-le-Comte et laissé derrière nous la "drôle de guerre" pourrie avec une allégresse animale. Le G.Q.G. britannique, au service duquel j'étais attaché comme officier de liaison, gagnait Renaix à une soixantaine de kilomètres ouest de Bruxelles.
Après 4 jours, nous étions contraints de quitter Renaix pour commencer dans le Nord de la France un voyage circulaire qui devait se terminer quinze jours plus tard à Dunkerque. Voici les étapes principales de cette course à la mer:
- Retour à Avesnes-le-Comte d'abord, dont nous sommes stupéfaits de trouver les issues fermées par des barrages improvisés. A l'aube, après une nuit de bagages et d'alertes, nous disons adieu aux habitants, nos amis de six mois qui, dans l'incertitude et la crainte, vont sans doute prendre la route vers le Sud après avoir ouvert les portes de leurs étables.
-    Hazebrouck: trois jours d'arrêt. Premier bombardement d'une ville où civils et militaires sont mêlés comme déjà nous les avons vus sur les routes; ensemble nous descendons dans les caves. Au bruit des bombes, une vieille, sous un escalier,gémit d'angoisse. Dans les rues, surpris par le massacre,les gens courent, les femmes crient; j'assiste à des scènes d'hystérie collective comme je n'en ai jamais vues en France. Le lendemain matin, je pars dans les environs chercher du pain pour mon unité. A mon retour, les camions sont déjà chargés; j'ai juste le temps d'y embarquer ma cantine; on dit les Allemands aux portes. D'où viennent-ils? Où est le front? La rumeur court que nous sommes encerclés.

(...)